jeudi 23 août 2012

L'HEURE DU BILAN : LIONEL FRIEDERICH

Lionel Friederich, responsable des équipes de France de flag et coach offensif des garçons, a accepté de faire un premier bilan de cette Coupe du Monde suédoise. De la belle troisième place des filles au parcours des garçons, en passant par ses impressions sur la compétition, tous les sujets sont passés au crible.

Lionel Friederich assiste du banc de touche à la défaite contre le Canada (Photo IFAF).

Tout d'abord un mot sur la performance des filles. Elles ont réalisé un superbe match pour décrocher la médaille de bronze face aux Autrichiennes championnes d'Europe en titre ! Tu dois être très satisfait ? 

- Félicitations à toutes les filles du groupe France : Alexandra, Célestine, Christelle, Claire, Clara, Clémence, Cynthia, Élisa, Margot, Morgane, Nadia et Stéphanie. Sans oublier leurs entraineurs, Krystel et Sylvain, qui ont fait un super travail. Leur troisième place est amplement méritée. Tous les efforts qu'elles ont accompli pendant les deux stages, mais aussi ceux du mois de juillet, où elles se sont préparées seules, sont récompensés à travers cette médaille.

- Les garçons eux n'ont pas fait le tournoi qu'ils espéraient. Neuvièmes au classement général alors qu'ils visaient les demi-finales. Ça doit être une grande frustration non ?

- Evidemment. Nous étions tous partis avec un seul but : une médaille. Et celle du plus beau métal si possible. La plus grande frustration vient surtout du fait d'être passés à côté de quelque chose que l'on a tutoyé. Contre le Mexique, nous avions 12 points d'avance et nous perdons finalement d'un point (33-32). Une victoire nous aurait remis sur les rails pour battre les Canadiens le lendemain, après notre deuxième défaite contre les USA (40-26). Malheureusement, ça n'a pas fonctionné (défaite 26-34 face au Canada).

Les attaques françaises ont buté sur les Canadiens (Photo IFAF).

À ton avis que leur a-t-il manqué pour rivaliser avec les meilleures nations lors de cette Coupe du monde ?

- On ne lutte pas à armes égales avec certaines équipes. Les Mexicaines, par exemple, se sont entraînées ensemble pendant trois mois avant la Coupe du Monde et ont un championnat très développé (21 équipes féminines juste à Mexico). Les Américains eux jouent toutes l'année, que ce soit au flag, au football ou au base-ball.  Alors en pratiquant le flag une fois par semaine c'est sûr que l'ont part de plus loin. Il n'y a pas de secret, pour progresser il faut s'entraîner plus régulièrement et surtout travailler sur les capacités physiques (vitesse / explosivité / cardio). Que ce soit pour les filles ou pour les garçons.

- Sur quels points pouvez-vous progresser pour être encore plus compétitifs dans années à venir ?

- Nous n'avons les athlètes que trop peu de temps pour être vraiment efficace sur l'aspect athlétique. Durant les stages, nous mettons plus l'accent sur le tactique, avec un minimum de technique. L'idéal serait de regrouper les joueuses et joueurs plusieurs fois dans l'année, pour pouvoir les suivre. Notre championnat est intéressant, mais encore à des années-lumière des regroupements où des dizaines d'équipes se retrouvent dans les parcs aux États-Unis, ou bien des soixante équipes masculines de Mexico. Il faut plus jouer au flag, c'est une discipline qui se développe en France. Malgré tout on arrive à avoir de bons résultats dans les compétitions internationales.

- Quelles satisfactions tires-tu néanmoins de ce séjour suédois ?

- Un groupe est né chez la filles. Et comme la moyenne d'âge est de 25 ans, elles ont encore de belles années devant elles.
Les filles peuvent célébrer leur 3ème place (Photo IFAF).

- Y a-t-il eu des joueurs (ou joueuses) qui se sont révélé(e)s ?

- Il faut noter que pour la deuxième fois, Élisa De Santis Bonneteau a été élue parmi l'équipe type du tournoi en défense. Mais, même si c'est déjà très bien, je pense qu'elle aurait pu l'être également en attaque. D'autres filles de l'équipe de France méritaient aussi d'être élues, au moins dans la deuxième équipe.


- Peux-tu nous présenter les prochaines échéances des équipes de France de flag ?

- On disputera le championnat d'Europe au mois de septembre 2013 en Allemagne. D'ici là, on pourra superviser les joueuses et joueurs qui participeront au premier stage et lors du championnat et des challenges.

- Plus globalement, qu'as tu pensé du niveau de cette Coupe du monde et de son organisation ?

- Pour les filles, les Mexicaines sont un peu au-dessus, mais les Américaines sont à notre portée. Il nous faut faire un bon championnat d'Europe et se servir de cette expérience pour franchir une marche supplémentaire pour aller en finale. Après tout est possible sur un match. Pour les garçons, comme j'avais pu le dire dans une ancienne interview, il y a toujours eu une équipe européenne en finale. Et encore une fois, lors d'une finale tout peut se passer. À nous de faire le maximum pour être cette équipe...

Réception de Clara Leroy face aux États-Unis (Photo IFAF)

- Le Mexique gagne en prolongations chez les femmes, l'Autriche à 21 secondes de la fin chez les hommes. On a eu droit à de très belles finales non ?

- Ah oui, les finales ont étés très disputées. Ça a été le cas de beaucoup de matches durant la compétition. Je pense aux matches des filles contre les États-Unis (défaite 19-25) et surtout celui contre Israël (victoire 46-40) qui s'est joué sur l'une des dernières actions.

- Quelle équipe t'a le plus impressionné ?

- L'équipe féminine du Mexique et tout particulièrement son QB (Sandra Romero, élue MVP). Tout le monde l'appelle "Maradona", elle a 47 ans et c'est une véritable star du flag au Mexique. Elles se sont entraînées 4 fois par semaine les 3 mois précédant la compétition. Et le plus amusant, c'est que pendant cette période de préparation, il y avait la fille ET la petite-fille de "Maradona" dans le groupe mexicain. La première s'est faite "coupée" juste avant le départ pour la Suède. Les entraîneurs ont préféré sa petite-fille.

La "Maradona" mexicaine.. (Photo IFAF)

- Quels souvenirs garderas-tu de cette Coupe du Monde ?

- Les larmes de tristesses des filles après la défaite en demi-finale contre le Mexique et les larmes de joies de ce mêmes filles deux heures plus tard après leur superbe victoire face à l'Autriche. Je retiendrai aussi la détresse des joueurs et leur (demi-)sourire au soir de l'ultime match face au Japon (victoire 54-6).

Et j'en profite pour adresser un grand merci à Mohamed Kutneh notre docteur, Jonas Ullrich notre kinésithérapeute et Jacques Braisaz-Latille notre chef de délégation, pour leur présence et le travail qu'ils ont effectué pour nous en Suède. "


Merci Lionel d'avoir répondu à nos questions.

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